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Quinoa & autres chénopodes

Les chénopodes, ces méprisés du jardin

Hormis les épinards et les blettes, la vaste famille des Chénopodiacées est peu représentée dans les jardins, alors qu’elle constitue un des familles les plus anciennement récoltées et domestiquée par les populations humaines. Si l’arroche et la tétragone, reviennent peu à peu dans les esprits, la diversité des chénopodes restent encore méconnue.

A lui seul, le genre Chenopodium inclus de nombreuses plantes comestibles, toutefois un peu difficiles à digérer crues car elles contiennent des saponines, des acides oxaliques et des nitrates (tirés des sols riches en azote); en contrepartie, elles sont riches en protéines et en minéraux.

Une approche “naturaliste” du jardin pourrait inclure les semis spontanés des ces différentes espèces considérées à tord comme des “mauvaises herbes”, et privilégier leur capacité d’adaptation. A considérer l’inévitable désherbage, mieux vaudrait privilégier au jardin les souches les plus intéressantes, qui jouerons le même rôle de régulation des excès d’azote au sein de l’écosystème.

Les chénopodes européens

Chénopode blanc

Le Chénopode blanc occupe une place de choix dans nos contrées, car il trouve sa place rapidement sur toute terre laissée à nu. Il est un bio-indicateur des sols riches en azote, et peut atteindre des dimensions impressionnantes (3 à 4 mètres de haut) sur les anciens poulaillers.

Il existe une variété cultivée appelée ‘Magenta’ qui présente une tâche rose très vive à la base des feuilles. Cette coloration facilite le repérage des pieds qui se sont semé au jardin, soit pour les arracher, soit pour les protéger.

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Chénopode bon-henri

Autre européen, le Chénopode Bon-Henri est moins connu. Je vous recommande toutefois d’essayer quelques feuilles rajoutées à une salade pour tenter au moins une fois l’expérience.

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Les chénopodes américains

Les espèces américaines sont plus appréciées au niveau gustatif car elles ont suivi de longs millénaires de sélection et de culture. Leurs dénominations en langues vernaculaires ont des consonances assez proches (avec un peu d’imagination) : Huauzontle (Chenopodium berlandieri), cañihua, canihua ou kañiwa (Chenopodium pallidicaule), Epazote (Chenopodium ambrosioides).

La particularité de ces plantes remarquablement nourrissantes est que leur graines contiennent l’ensemble des acides aminés nécessaires à la vie. Elles permettent donc théoriquement de s’affranchir de la consommation de viande, ou encore de la complémentarité légumineuses-céréales nécessaire à la conservation d’un apport équilibré en acides aminés dans les régimes végétariens.

Quinoa

Le désormais réputé Chénopodium quinoa a récemment été importé d’Amérique du Sud suite à sa redécouverte en diététique dans les années 1970. Pour faire face à un engouement grandissant, des tests on été menés en Amérique du Nord et en Europe pour lancer la culture du quinoa à l’échelle de l’agro-industrie.

Le Quinoa est ne plante des montagnes et requiert des températures inférieures à 15°C pour germer. Le principal axe de sélection réside dans l’adaptation de la plante aux basses altitudes et à des contrastes de température jour/nuit moins importants car, tout comme ses cousines, cette plante demande des conditions de froid nocturne pour mener à bien sa floraison et sa mise à graine, ce qui convient tout à fait aux conditions montagnardes et à notre démarche. Dans l’attente d’une organisation de la filière, de nombreuses variétés douces circulent et sont reproduites par des semenciers indépendants.

La principale surprise lorsqu’on sème du quinoa pour la première fois est sa grande ressemblance avec les chénopode blanc. Les feuilles sont cependant un peu plus grande, plus largement lobées, moins acérées et d’aspect plus velouté. Cette douceur générale se retrouve également dans le goût, qui rappelle celui de la graine cuite. Il donc globalement plus avantageux de remplacer le chénopode blanc par du quinoa dans le jardin !

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Huazontle

Le Huazontle est un chénopode domestiqué par les premières populations Mexicaines, bien avant la domestication du maïs. Contrairement au quinoa, les graines ne contiennent pas de saponines, et la plante est caractéristique par sa couleur magenta à l’automne. Les grappes de fleurs en boutons sont consommées à la manière des brocolis, ou frites avec des œufs et du fromage frais. Les graines sont également récoltées sèches et broyées en farine. C’est une plante rare qui reste une curiosité culinaire même dans se région d’origine, mais qui tend à se redévelopper dans les régions chaudes suite aux succès du quinoa.

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Amarante

L’amaranthe se rapproche des Chénopodes, et ceux-ci ont été intégrés à la famille des Amaranthacées lors de la dernière Classification phylogénétique.