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Qu’est ce qu’une graine ?

La graine est l’entité biologique de reproduction des plantes.

“Les graines sont le premier maillon de la chaîne alimentaire.”

Les graines sont des êtres vivants en devenir. Elles contiennent dans leur quelques cellules la mémoire (au niveau génétique et épigénétique) des génération de plantes précédentes. Cette histoire est issue de la co-évolution entre la plante et les populations humaines ou animales qui les ont progressivement cueillies, ingérées, digérées, déféquées, observées, cultivées.

Les graines sont des êtres vivants en devenir

Les semences sont originellement les graines avec lesquelles un paysan va ensemencer un champ ou un jardin. C’est pourquoi le terme semences (qui peut inclure également les boutures, greffons, etc.) n’est utilisé que lorsqu’il s’agit de plantes cultivées, c’est-à-dire des graines de plantes domestiquées par l’homme ou des graines de plantes sauvages semées par l’homme.

Pour les plantes sauvages, on parle de graines (et rejets ou drageons). Par définition, les graines sauvages circulent librement par rapport à l’homme (et non par rapport aux autres lois de la nature, à l’ours…), tandis que les semences ne circulent pas indépendamment des choix individuels et/ou collectifs et des règles des humains qui les cultivent.

Elles ont certes une certaine autonomie « naturelle » (pollinisations croisées, vent…), mais si elles ne sont pas accompagnées de connaissances et de systèmes sociaux (agroécosystèmes) associés à leur culture, elles meurent ou redeviennent des graines sauvages.

Tout l’art du jardinier sera de sélectionner des plantes capable de donner une descendance associant des critères parfois contradictoire : qualités gustatives ou nutritionnelles, hypertrophie morphologique et capacité de reproduction autonome, acclimatation à des écosystèmes différent de celui d’origine et dépendance aux soins, résistances aux aggressions,  capacité de survie en conditions difficiles, etc.

Anatomie d’une graine

“La graine est une plante vivante et déjà formée, en sommeil profond.”

La graine possède toutes les caractéristiques d’une plante déjà formée, au stade embryonnaire : racine, tige, feuilles, organes de réserve.

Les graines sont des plantes en devenir plongées dans un sommeil profond.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Graine

 

 

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Planche Pédagogique – Des semences pour les générations futures

Voici deux panneaux pédagogiques co-produit avec l’association Biodiva, synthétisant les formations sur la multiplication et la conservation des semences :

Des semences pour les générations futures

“Comment reproduire ses semences ?”

ERRATA : dans la partie “les 4 étapes”, pensez à rahjouter la 5ème étape : semer régulièrement de veilles graines permet d’exprimer la capacité des plantes à produire des semences avec un long pouvoir germinatif !

Ces documenst sont disponibles en version téléchargeable pour tous ceux qui souhaitent l’imprimer et le diffuser.

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Ce matériel graphique et distribué sous licence Creative Commons, et est libre de droit dans la limite des la licence CC BY-NC-SA 3.0 FR : ne pas modifier, citer les sources, de pas faire d’utilisations commerciales et repartager avec les mêmes conditions.

Images issue du support pédagogique video “Semences buissonières“.

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Que sont les variétés et les semences paysannes ?

Que sont les variétés et les semences paysannes ?

Les graines de la Pépinière des Carlines sont estampillées “Semences paysannes”. Quelle est leurs particularités et que signifie ce terme ?

>>> Accéder directement à la liste des articles sur le sujet.

Les semences paysannes sont les semences de variétés paysannes

Au sens strict du terme, une variété paysanne est une variété-population à pollinisation libre, dont la semence n’est généralement pas disponible dans le commerce, qui n’est généralement pas inscrite au catalogue officiel et dont la sélection conservatrice et la multiplication sont assurées par l’agriculteur ou le jardinier pour son propre usage et celui de ses voisins et amis, généralement hors des circuits officiels de sélection.

Les semences paysannes peuvent provenir d’une variété traditionnelle ou d’un mélange ou d’un croisement entre des variétés-population traditionnelles, héritées et transmises de génération en génération, éventuellement hors du cadre réglementaire. Elles peuvent également provenir d’une ancienne variété de pays, collectée par un laboratoire de recherche, inventoriée comme ressource phytogénétique et multiplié en station expérimentale, puis récupérée par un paysan. Elles peuvent enfin provenir d’une variété sélectionnée récemment, parfois exploitée commercialement puis abandonnée, récupérée et acclimatée à des conditions particulières, ou recombinée en population mixte avec d’autres variétés par des cultivateurs lui trouvant des qualités indéniables.

Modes de sélection des variétés paysannes

La sélection des variétés paysannes s’effectue in situ (en opposition à ex-situ = dans un centre agronomique, ou in-vitro = en laboratoire), ou par définition : “au champ”. Les plantes évoluent dans leur milieu, au contact d’un sol vivant, des éléments climatiques et des organismes (insectes, champignons, bactéries, humains, etc.) qui les entourent. Elles s’habituent ainsi à la fois aux risques et aux contraintes du milieu (résilience), mais aussi aux interdépendances et à la coopération (biodiversité).

Dans tous les cas, les méthodes de sélection des semences paysannes mises en œuvre par les paysans et les jardiniers qui les cultivent sont des méthodes respectueuses du vivant, basées sur l’observation des plantes et sur des pratiques traditionnelles (essentiellement la sélection massale, et, moins souvent, la sélection sur la descendance). Il n’y a donc pas de “création variétale” artificielle pré-conçue.

La sélection des porte-graines (les plants sur lesquels les graines vont être récoltés) de semences paysannes peut prendre en compte de nombreux critères “subjectifs” selon l’appréciation du cultivateur : valeur alimentaire (pigments organiques et vitamines, teneur en sucre, toxicité, conservation…), saveur, aspect général, comportement, réaction aux méthodes de culture et au climat, etc.

Qu’est ce qu’une variété paysanne à pollinisation ouverte ?

La pollinisation ouverte est un choix de culture des graines qui laisse aux plantes le “choix de la nature” quand à leur reproduction sexuelle (le pollen est transporté par le vent, les insectes, etc.). Il ne s’agit d’aucune manière de pollinisation contrôlée, tant par des méthodes manuelles (pollen sélectionné sur une fleur particulière) ou par des techniques en laboratoire (OGM, fécondation in-vitro, etc.).

Une variété paysanne à pollinisation ouverte est donc d’une variété-population aux caractéristiques bien définies (sélection des portes graines) dont les individus présentent cependant une certaine variabilité (“hasards” de la reproduction sexuée). Ceux-ci se croisent entre eux librement, ce qui permet à cette variété de pouvoir évoluer et de s’adapter si elle est multipliée dans de nouvelles conditions agro-climatiques.

Variété paysanne et transmission culturelle

Transmettre une variété paysanne, ce n’est pas seulement transmettre de la semence (une génétique) mais aussi transmettre une forme de culture humaine, c’est-à-dire des savoirs et des savoir-faire associés à cette variété : connaissances de la plante et de ses préférences, compétences techniques, habitudes horticoles, rituels sociaux, valeur symbolique, recettes, etc.

Les informations concernant aussi bien son origine que son histoire, les méthodes de culture et de sélection recommandées, ses possibilités culinaires font entièrement partie du lien de co-évolution établi entre la plante et les personnes qui la cultivent. Par exemple, il existait dans certaines région des variétés de blés qui n’étaient cultivés que pour une seule recette de pâtisserie, réalisée lors d’une seule fête dans l’année.

Transmettre la semence sans transmettre la dimension humaine, sociale ou écologique qui l’a créée, c’est prendre le risque de perdre “l’intention qui précède le geste”, et à terme de perdre la variété dans sa forme première. Au mieux, elle aura évolué vers autre chose, au pire sa lignée aura définitivement disparue.

Il importe donc que chaque jardinier ou cultivateur qui reçoit une variété paysanne (que ce soit au travers d’un échange ou d’un achat auprès d’un producteur de graines indépendant ou d’un artisan semencier), puisse obtenir, conserver et retransmettre non seulement les graines de la génération future mais un maximum d’informations concernant la variété, son histoire et ses usages.

Variétés paysannes et réglementation

Une variété paysanne n’est pas nécessairement une variété ancienne ; elle peut avoir été créée récemment (par exemple en créant puis en laissant s’adapter une population dynamique à partir de variétés anciennes). Se pose alors la question légale de sa reconnaissance.

Les variétés paysannes sont par définition moins homogènes et moins stables que les variétés inscrites au catalogue officiel, car elles sont par nature évolutives, adaptatives et dynamiques. Elles peuvent difficilement être inscrites au catalogue officiel, qui requiert au contraire des variétés “distinctives, homogènes et stables” (critères DHS).

Une variété paysanne peut-elle être brevetée ?

Une variété paysanne n’est pas brevetée, ni protégée par un certificat d’obtention végétale et peut donc être multipliée et diffusée librement par quiconque, sauf si un jour un semencier dépose un brevet sur un de ses gènes, car il n’existe aujourd’hui aucune reconnaissance du “bien commun” dans le cadre des semences : ce qui n’appartient à personne n’appartient pas légalement à tous, et est donc appropriable !

Pour le moment, il n’existe pas de réglementation adaptée à ces variétés. La commercialisation de leurs semences en vue d’une production commerciale du légume, bien que légitime, est illégale. Par contre, leur utilisation dans le cadre d’une production commerciale (par un maraîcher) et la commercialisation des légumes qui en sont issus sont tout à fait légales.

Pour aller plus loin

Une revue de presse est tenue à régulièrement à jour sur la page : La question des semences paysannes

 

Adapté d’un article issu du site de Germinance
Image : coquelicausse

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Inestimables semences paysannes – Revue Nature & Progrès n°101

Présentation

L’hiver dernier, nous avons lancé avec plusieurs collègues l’idée d’un dossier sur le thème des semences paysannes pour la revue Nature & Progrès.

L’objectif de ce dossier était de repréciser, de manière simple, les enjeux autour des semences, suite aux différents reportages et parutions médiatiques, parfois incomplètes ou incompréhensibles sur le sujet.

Depuis la parution de ce numéro n°101, de nombreux autres articles ont été publiés dans la presse en ligne ; les plus utiles ou novateurs seront listés ci-dessous.

Contenu du dossier

Vous pouvez télécharger ci-dessous l’ensemble des articles du dossier au format pdf.


Les semences paysannes ont de l’avenir – Benoit Bianciotto

Le métier d’artisan semencier – François Delmond

Colzas et tournesols génétiquement modifiés – Philippe Mouchette

Un Traité sur les semences au service de la biopiraterie ? – Guy Kastler

Les missions du Réseau Semences Paysannes – Frédéric Latour

Bibliographie